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PECHE/RDCDOSSIER BATEAUX DE PÊCHE. DES QUESTIONS AUTOUR DE LA GESTION DU MINISTRE TSHIMANGA BWANA

Le dossier des bateaux de pêche fabriqués en Égypte met en lumière de sérieuses failles d’incompétence dans la gestion du ministère de la Pêche et de l’Élevage. Alors que ces embarcations ont été acquises sur fonds publics pour renforcer la production halieutique nationale, leur mise en exploitation effective demeure problématique. Plus de 15 millions de dollars ont ainsi été mobilisés pour des équipements dont l’utilisation reste, à ce jour, entourée d’incertitudes.

La situation soulève particulièrement des interrogations sur la capacité du ministre Jean-Pierre Tshimanga Bwana à transformer ces investissements en résultats concrets. En reconnaissant lors de la redevabilité de l’an un du gouvernement SUMINWA sur la RTNC, ce ministre a déclaré que les bateaux hérités de ses prédécesseurs ne seraient pas suffisamment adaptés aux réalités des eaux congolaises. Le ministre expose une difficulté majeure plusieurs mois après leur réception et leur présentation officielle. Ces équipements ne produisent toujours pas les effets attendus par la population comme annoncé lors de leur réception.

Cette situation révèle également une faiblesse dans le pilotage de ce dossier. Si l’adaptation technique des navires était indispensable, le ministère aurait dû clarifier rapidement les conditions de leur mise en service, les responsabilités du fournisseur et les éventuelles corrections à apporter, plutôt que de laisser des équipements coûteux demeurer sous-utilisés. L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir qui a commandé les bateaux, quelle a été la procédure de ce marché international, mais pourquoi l’administration actuelle n’est pas encore parvenue à les mettre pleinement en mouvement.

Les questions faisant appel à un flou entretenu dans cette affaire qui a coûté des millions au trésor public.Au-delà des explications fournies par le Ministre, les Congolais attendent désormais des résultats et des comptes sur combien ces bateaux ont-ils réellement coûté, pourquoi ne sont-ils pas opérationnels, quelles mesures le ministre a-t-il prises pour résoudre le problème et combien faudra-t-il encore dépenser ? Dans un secteur censé contribuer à la sécurité alimentaire et à la réduction des importations de poissons, des bateaux qui restent à quai constituent un sérieux revers pour l’action publique.

Léon Rutherford Kanku

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