Dans une analyse technique rendue publique le 19 septembre 2026 à Kinshasa, la plateforme Agir pour des Élections Transparentes et Apaisées (AETA) examine les conditions de préparation des élections prévues à l’horizon 2028 en République démocratique du Congo.
L’organisation estime que le processus électoral fait face à un ensemble de contraintes politiques, institutionnelles, juridiques, financières, sécuritaires et opérationnelles susceptibles d’affecter son déroulement. Elle relève notamment l’absence, à ce stade, d’un calendrier électoral opérationnel et les retards dans la mise en œuvre de la feuille de route de la CENI. L’analyse de l’AETA met particulièrement en évidence l’interaction entre les différentes difficultés.

Sur le plan institutionnel, elle évoque la dépendance financière de la CENI, les réformes électorales encore en attente et la persistance d’une méfiance entre acteurs politiques autour de la transparence du fichier électoral. Sur le plan sécuritaire, l’occupation de territoires dans l’Est est présentée comme un facteur susceptible de perturber l’enrôlement, la campagne et la sécurisation du vote, avec le risque d’exclusion d’une partie des citoyens du processus électoral.
Face à ces contraintes, l’AETA examine trois trajectoires possibles : le respect strict du calendrier constitutionnel, le maintien du calendrier électoral assorti de dispositifs d’adaptation et, en dernier ressort, un report technique encadré. Parmi les mécanismes évoqués figurent notamment des dispositifs particuliers permettant aux populations déplacées de participer au scrutin.
L’organisation souligne parallèlement les risques qu’un report indéterminé pourrait faire peser sur la confiance dans le processus et sur la légitimité institutionnelle. Dans ses recommandations, la plateforme préconise la poursuite des préparatifs électoraux même en présence d’un éventuel dialogue national, tout en appelant à renforcer les garanties institutionnelles, financières et juridiques du processus.
Elle insiste également sur la nécessité d’un dialogue inclusif, d’une meilleure coordination des réformes électorales avec la trajectoire du scrutin et d’un financement prévisible de la CENI. L’AETA appelle enfin à anticiper les scénarios défavorables, à renforcer la transparence du système électoral et à associer davantage les organisations spécialisées de la société civile au dialogue national.
En conclusion, l’AETA considère que la préparation des élections de 2028 ne peut être réduite à une simple question de calendrier. La plateforme estime que leur crédibilité dépendra de la capacité des institutions et des parties prenantes à agir simultanément sur les dimensions politique, juridique, financière, sécuritaire et logistique.
Elle plaide notamment pour une préparation anticipée, une responsabilité partagée et un consensus républicain autour de la trajectoire électorale, de la cohésion nationale et de l’intégrité territoriale. Le document est signé, pour l’AETA, par Patrick CIBANGU, Président du Conseil d’administration, Jérôme BONSO, Vice-Président du Conseil d’administration, et Roland MUMBALA, Secrétaire général.
Léon Rutherford Kanku





