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KASAÏ-ORIENTAL : SPOLIATION DU TERRAIN DE LA MIBA, LA LETTRE DU PRESIDENT L’ASSEMBLÉE PROVINCIALE RELANCE LE DEBAT SUR SA DEMANDE DE 24 PARCELLES AU PROFIT DES DEPUTES PROVINCIAUX

Une séquence de l’émission « Tudi Mwetu » diffusée sur Télé 50 a suscité l’attention autour d’une correspondance présentée comme émanant du Président de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental et portant sur une demande de mise à disposition de 24 parcelles destinées aux députés provinciaux.

Au cours de cette émission de dénonciation, les intervenants ont examiné un document administratif présenté à l’écran comme une correspondance adressée aux autorités provinciales, évoquant notamment un projet d’aménagement dans le quartier Lumumba, à Mbujimayi, et  l’attribution de plusieurs parcelles au bénéfice des élus provinciaux.

Selon le document montré au cours de l’émission, la démarche aurait pour objectif de permettre aux députés provinciaux de bénéficier chacun d’une parcelle dans le cadre d’un projet d’aménagement de la ville de Mbujimayi.

Cette révélation soulève cependant plusieurs interrogations : quelle est la base juridique de cette demande ? À quel titre les parcelles publiques ou du domaine de l’Etat pourraient-elles être attribuées aux élus ? Quelle procédure administrative a été suivie ? Et surtout, quelles sont les conditions d’attribution et les bénéficiaires effectivement concernés ? Les députés provinciaux sapent ils la volonté du Chef de l’Etat de relancer la Miba ?

Au-delà de la question foncière, l’affaire pose un problème plus large de gouvernance publique et d’éthique dans l’exercice du mandat électif de cet élu de Lupatapata sur la liste de l’UDPS.

Si l’attribution de parcelles aux députés est effectivement envisagée dans les conditions évoquées, celle-ci devrait être appréciée au regard des principes de transparence, d’égalité devant l’accès aux ressources publiques et de prévention des conflits d’intérêts.Il convient toutefois de distinguer clairement une demande administrative, une décision d’attribution et une attribution effectivement réalisée.

La lettre du Président Muya ne suffit donc pas, à elle seule, à établir que cette opération foncière a effectivement été exécutée.

La question est d’autant plus sensible que le foncier constitue un enjeu majeur dans les centres urbains du Kasaï-Oriental, où l’accès aux parcelles, la sécurisation des titres et les conflits fonciers demeurent des préoccupations importantes pour de nombreux citoyens.

L’affaire ne devrait donc pas être réduite à une simple polémique médiatique. Elle appelle surtout des clarifications documentées et contradictoires de la part des institutions concernées.Les autorités provinciales, l’Assemblée provinciale et les services compétents en matière foncière pourraient notamment être appelés à préciser l’origine et l’authenticité de la correspondance présentée ; l’identité de son auteur et la qualité du destinataire ; le statut juridique des 24 parcelles ; la localisation exacte du site concerné ; la base légale de la demande ; la procédure d’attribution envisagée ; l’existence ou non d’une décision officielle d’attribution et, le cas échéant, les bénéficiaires définitifs.

En définitive, cette question remet sur la table une question essentielle de gouvernance dans cette province lorsqu’un patrimoine foncier est placé sous la responsabilité des pouvoirs publics, son utilisation doit-elle répondre à des intérêts particuliers puisque députés provinciaux ou à une procédure transparente et conforme à l’intérêt général ?Si clarté n’est pas donnée sur la question, l’opinion comprendra que la province du Kasaï Oriental fait face à une gestion des domaines publiques par un conglomérat des jouisseurs.

La Rédaction

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