Quarante-huit heures après la découverte de caniveaux publics transformés en fosses septiques dans le cadre des travaux d’assainissement, le ministre provincial en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, Léon Mulumba, a vivement pris à partie dans une vidéo devenue virale sur le compte X ce mardi 25 août 2026, les bâtisseurs du Service national affectés à l’assainissement de la ville.
Devant ces derniers et en présence des occupants de l’immeuble Flamboyant, le ministre a contesté leur manière d’intervenir, affirmant que le Président de la République ne leur avait jamais donné mission de « séquestrer les gens » ni d’imposer des corvées aux habitants. Une sortie musclée qui ressemble désormais à une véritable guerre ouverte du ministre contre les bâtisseurs, pourtant mobilisés dans le cadre de l’assainissement urbain.Le plus surprenant reste cependant l’appel lancé aux occupants du bâtiment Flamboyant à « revendiquer leurs droits » et à refuser les travaux qui leur seraient imposés au nom de l’assainissement.

Si la protection des citoyens contre tout abus est évidemment légitime, cette prise de position soulève une question de cohérence : où commence et où s’arrête la responsabilité des occupants lorsqu’un bâtiment ou son environnement présente des problèmes d’insalubrité ? En prenant publiquement fait et cause pour les habitants contre les agents chargés de l’assainissement, le ministre ne risque-t-il pas de fragiliser l’autorité des opérations de salubrité publique et d’encourager une confrontation entre populations et bâtisseurs ?
La question mérite d’être posée, surtout lorsque l’intervention publique vise précisément à rétablir des conditions sanitaires acceptables.Autre paradoxe relevé dans cette affaire : comment expliquer que l’on s’indigne aussi fortement contre les interventions des bâtisseurs au Flamboyant alors que, dans le même temps, le même ministère mène des opérations de démolition contre des constructions jugées non conformes aux normes urbanistiques ? D’un côté, l’autorité provinciale entend faire respecter les règles d’urbanisme en procédant à la destruction des constructions irrégulières ; de l’autre, elle semble s’opposer à l’action des agents mobilisés pour restaurer la salubrité publique.
Cette contradiction alimente le débat sur la cohérence de l’action gouvernementale. Entre défense des occupants, respect des droits des citoyens, lutte contre l’insalubrité et application des normes urbanistiques, la guerre déclarée aux bâtisseurs risque surtout de brouiller le message du Président de la République de respecter l’ordre dans la ville et de la rendre plus propre qu’avant.
Léon Rutherford Kanku





