Home / economie / RECETTES DE L’ÉTAT : LA BCC ET LA DGI SE RENVOIENT LA BALLE SUR DES ÉCARTS COMPTABLES

RECETTES DE L’ÉTAT : LA BCC ET LA DGI SE RENVOIENT LA BALLE SUR DES ÉCARTS COMPTABLES

Le débat autour de la gestion des recettes publiques prend de l’ampleur entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et la Direction Générale des Impôts (DGI).

Alors que la DGI alerte sur des irrégularités observées dans le système ISYS-RÉGIES, évoquant notamment des suppressions de recettes, des modifications de dates de comptabilisation et des écarts avec les données de NAVISION, la Banque centrale rejette toute accusation de manipulation et assure que son système est sécurisé, traçable et verrouillé contre toute modification après validation.

Dans ses observations, la DGI dans sa correspondance du 3 septembre 2026, le directeur général Barnabé Mwakadi estime que certaines recettes déjà captées par la BCC ne sont pas intégrées sans délai dans ISYS-RÉGIES, ce qui fausserait le suivi en temps réel des encaissements de l’État.

L’administration fiscale considère que ces décalages peuvent affecter la certification des paiements et le contrôle des délais réglementaires, alimentant ainsi les soupçons d’une mauvaise gestion ou d’une rétention temporaire des fonds.

De son côté, la Banque centrale par sa réaction dans le communiqué du 10 septembre 2026, explique que les écarts constatés ne traduisent pas nécessairement une disparition des recettes. Selon elle, ces différences proviennent souvent d’opérations réalisées par des intervenants extérieurs au système de compensation de la BCC, notamment la CADECO.

L’institution souligne également que les chiffres font l’objet de travaux réguliers de conciliation réunissant les services financiers de l’État, y compris la DGI, et que les conclusions de ces réunions sont validées par toutes les parties concernées.Au-delà de ce bras de fer institutionnel, cette affaire met surtout en lumière les défis de transparence et de coordination dans la gestion des finances publiques.

Entre les inquiétudes exprimées par la DGI et les assurances données par la BCC, l’opinion attend désormais que les mécanismes de contrôle permettent d’établir clairement l’origine des écarts relevés et de garantir une traçabilité irréprochable des recettes de l’État.

Léon Rutherford Kanku

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *