La déclaration de Jean-Claude Katende sur le dialogue politique annoncé en République démocratique du Congo soulève une contradiction apparente entre son soutien au principe défendu par le président Félix Tshisekedi et les exigences qu’il formule ensuite à l’endroit du chef de l’État.Dans un message relayé sur la chaîne WhatsApp de la RTNC, Jean-Claude Katende affirme : « Je partage personnellement la position du chef de l’État quand il demande à ce que les personnes qui ont pris les armes, notamment le président Kabila, Mr Nangaa et les autres, ne viennent pas participer au dialogue ».
Cette position semble, de prime abord, claire dans la mesure où les acteurs ayant pris les armes contre la République ne devraient pas être admis à la table des discussions.Pourtant, dans son message publié le 19 août à 8h05 sur son compte X, Katende constate que Félix Tshisekedi « persiste dans son opposition » à la participation de Joseph Kabila et de l’AFC/M23, avant d’estimer que cette position ne pourrait être cohérente que si le même principe était appliqué aux alliés du chef de l’État qu’il accuse d’avoir été impliqués dans le Genocost. La première incohérence, en meme temps une difficulté se situe dans le raisonnement même de Katende.
D’un côté, il reconnaît que l’exclusion de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa peut être justifiée par leur implication présumée dans des mouvements armés. De l’autre, il transforme cette question en une exigence de réciprocité politique : si certains acteurs proches du pouvoir sont autorisés à participer au dialogue malgré leur passé ou leurs responsabilités présumées, alors Kabila et Nangaa devraient, eux aussi, y être admis.
La question centrale devrait donc être : quel est le critère objectif d’inclusion ou d’exclusion du dialogue ? Est-ce la participation à une rébellion armée ? La responsabilité individuelle dans des crimes ? L’exercice d’une fonction politique ? Le statut juridique actuel ? Ou encore la capacité à contribuer à la résolution de la crise ?Une deuxième incohérence résulte dans le fait de la confusion de la responsabilité politique, responsabilité pénale et la participation au dialogue.
A ce niveau, Jean Claude Katende affirme que certains alliés de l’Union sacrée auraient, à une période de l’histoire du pays, « pris des armes contre la République » et auraient « le sang des Congolais sur leurs mains ».Cela est considérée par plusieurs personnes comme ” une accusation extrêmement grave”. Jean Claude Katende doit savoir qu’il existe en effet une différence fondamentale entre avoir appartenu à une organisation politique ou militaire à un moment donné, avoir été politiquement associé à une rébellion, avoir participé matériellement à des opérations armées et avoir été judiciairement reconnu coupable de crimes.Et c’est dangereux de mélanger les deux niveaux de responsabilité.
Utiliser le Genocost comme argument de comparaison et penser que les acteurs de l’Union Sacrée de la Nation impliqués dans le Genocost, devraient être soumis au même traitement que Kabila, Nangaa et les autres acteurs associés à l’AFC/M23, c’est incohérent et incompréhensible.Le deuxième point problématique concerne l’utilisation du Genocost comme argument de comparaison.
Katende estime que les acteurs de l’USN impliqués dans le Genocost devraient être soumis au même traitement que Kabila, Nangaa et les autres acteurs associés à l’AFC/M23. Mais cette construction suppose démontrée une équivalence entre les responsabilités attribuées aux différents protagonistes. Or, son message ne fournit ni liste précise des personnes visées, ni qualification juridique des faits, ni éléments permettant d’établir que les responsabilités seraient de même nature.
La troisième incohérence de Jean Claude Katende, c’est le critère du sang sur les mai






