À Fungurume, dans la province du Lualaba, des habitants de plusieurs villages voisins des installations de Tenke Fungurume Mining (TFM) dénoncent des problèmes qu’ils associent aux activités minières, notamment des irritations oculaires, des saignements de nez, une dégradation présumée de la qualité de l’eau et des sols ainsi qu’une baisse des rendements agricoles.
À Mwanga Muteba, Ndela Wantash, Kiboko et Fungurume Mangomapia, certains riverains rapportent également des dépôts blanchâtres observés dans des sources d’eau et, dans certains cas, des malformations congénitales et des mort-nés. Ces témoignages, relayés notamment par la société civile et rapportés par Radio Okapi, ne permettent toutefois pas, à ce stade, d’établir scientifiquement un lien de causalité avec les activités de TFM.
Face à ces alertes, les autorités provinciales ont annoncé des vérifications sur le terrain. Des travaux indépendants publiés en juin 2026 font par ailleurs état, dans la région minière de Kolwezi-Fungurume, de concentrations élevées de particules dans l’air ainsi que de la présence de métaux, notamment le cuivre, le cobalt et le manganèse, dans l’eau et les sédiments.
TFM affirme pour sa part disposer de mécanismes de contrôle des émissions, de gestion des déchets et de protection de l’eau, ainsi que d’un suivi environnemental et d’audits externes. L’entreprise met également en avant ses investissements sociaux, dont environ 1,8 million de dollars consacrés à des projets communautaires de santé en 2023.
Au-delà de la controverse, la situation soulève des préoccupations sur la santé publique, l’agriculture et les moyens de subsistance des communautés riveraines. Les accusations ne sauraient être considérées comme des preuves définitives, mais elles justifient des investigations indépendantes et transparentes.
Des analyses contradictoires de l’air, de l’eau et des sols, associées à un suivi médical des populations exposées et à la publication des résultats, permettraient de déterminer l’ampleur réelle des risques. À Fungurume, l’enjeu est désormais de dépasser la confrontation entre accusations et démentis pour établir les faits scientifiquement et garantir aux populations le droit à un environnement sain.
Léon Rutherford Kanku



