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POLITIQUE : FAYULU FACE À UNE NOUVELLE CONTROVERSE APRÈS LA SUSPENSION DES ACTIVITÉS ACADÉMIQUES À GOMA ET BUKAVU

Martin Fayulu monte au créneau contre la décision du ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations suspendant les activités académiques dans onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu pour l’année académique 2026-2027. Dans un message publié ce jeudi 27 août 2026 sur son compte X, l’opposant estime que cette mesure revient à abandonner les étudiants et les populations de ces deux villes aux mains des rebelles de l’AFC/M23.

Il va jusqu’à considérer que cette décision le conduit à conclure que le pouvoir de Kinshasa serait « en plein dans le complot visant à la balkanisation » de la RDC. Martin Fayulu exige ainsi le retrait immédiat de l’arrêté ministériel et appelle le gouvernement à mettre fin à ce qu’il qualifie d’amateurisme dans la gestion de la crise.

Cette prise de position ouvre toutefois une nouvelle controverse politique autour de la manière de critiquer l’action du pouvoir tout en préservant la cohérence du discours sur l’intégrité territoriale et la protection des populations de l’Est. La suspension concerne non seulement les enseignements, mais également les inscriptions, évaluations, délibérations et actes conduisant à la délivrance des titres académiques.

Le gouvernement justifie cette mesure par la situation sécuritaire et par la nécessité de protéger les étudiants et le personnel, tout en garantissant la régularité et la valeur des diplômes congolais. La contestation de Fayulu peut être considérée comme légitime au regard des conséquences sociales et académiques d’une telle décision. Toutefois, l’accuser directement de soutenir l’AFC/M23 irait au-delà des éléments disponibles.

L’enjeu est plutôt d’interroger la cohérence de son positionnement : une critique du pouvoir de Kinshasa ne devrait-elle pas également s’accompagner de propositions concrètes permettant de garantir la continuité de l’enseignement supérieur sans reconnaître, explicitement ou implicitement, l’autorité d’un mouvement rebelle ?La controverse prend davantage de relief du fait que l’AFC/M23 elle-même a rejeté la suspension et appelé à la poursuite des activités académiques, illustrant le caractère hautement politique de la bataille autour des universités de Goma et Bukavu.

Dans ce contexte, la véritable question n’est donc pas seulement de savoir si l’arrêté ministériel doit être maintenu ou rapporté, mais de déterminer quelle alternative peut protéger les étudiants, préserver les institutions universitaires nationales et défendre l’intégrité territoriale de la RDC.

Fayulu est ainsi appelé à préciser les mécanismes qu’il propose pour assurer l’accès à l’enseignement supérieur dans ces zones sans créer de vide institutionnel susceptible d’être exploité par les rebelles. Son intervention place, une nouvelle fois, son discours politique face à une exigence de cohérence : contester les décisions de Kinshasa est une prérogative politique, mais proposer des solutions compatibles avec la défense de l’État et des populations de l’Est constitue l’étape déterminante.

Léon Rutherford Kanku

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