Lors de la Journée de réflexion organisée par Justice et Paix Congo (JPC), mercredi 16 septembre 2026, Emmanuel Kabengele Kalonji, Coordonnateur national du RRSSJ, avocat et criminologue, a défendu l’idée que la restauration de l’autorité de l’État en RDC ne peut reposer sur la seule réponse militaire. Intervenant sur le thème du dialogue intercongolais pour la sécurité nationale et l’autorité de l’État, il a estimé que cette restauration doit d’abord passer par la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions, la redevabilité, une régulation foncière équitable ainsi que le renforcement de la justice et de la sécurité de proximité.
Pour Me Emmanuel Kabengele, la persistance de l’insécurité, illustrée notamment par plus de 5 000 morts et plus de 280 000 déplacés recensés entre 2022 et 2025, traduit les limites d’une approche exclusivement militariste. Il plaide ainsi pour une refonte du contrat social, l’accélération de la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice, l’effectivité de la décentralisation et l’instauration d’un dialogue intercongolais permanent, inclusif et sincère, capable de favoriser une réponse nationale et consensuelle aux crises sécuritaires.
Son analyse met particulièrement l’accent sur les réformes institutionnelles encore inachevées. Il relève des dysfonctionnements dans les structures de commandement des FARDC, le faible financement du Plan d’Action Quinquennal de la PNC, dont l’exécution serait limitée à environ 3 %, ainsi que la nécessité de réorganiser les services de renseignements. Dans le secteur judiciaire, il souligne également le déficit de couverture territoriale et la crise de confiance entre les justiciables et les institutions judiciaires, avec seulement 347 cours et tribunaux opérationnels sur les 1 144 prévus par la Constitution en 2025, selon les données présentées lors de son intervention.

Face à ce tableau, Emmanuel Kabengele considère le prochain dialogue intercongolais annoncé comme une occasion de construire collectivement une stratégie globale de sécurité et de consolidation de l’autorité de l’État.
À ses yeux, cette démarche devrait également intégrer l’effectivité de la décentralisation et la régulation des tensions coutumières qui fragilisent la cohésion sociale. Son approche place ainsi la reconstruction de l’État au plus près des communautés : pour lui, la paix durable se construit autant dans les institutions nationales que dans la relation quotidienne entre le citoyen, la justice, les autorités locales et les services de sécurité.
Léon Rutherford Kanku





