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RDC : JOSEPH KABILA FACE AUX DISTANCIATIONS DANS SON CAMP, MARIE-ANGE MUSHOBEKWA REVENDIQUE LE CHOIX RÉPUBLICAIN

La nouvelle orientation politique attribuée à l’ancien président Joseph Kabila suscite des réactions contrastées au sein de son entourage et famille politique, le PPRD. Alors que plusieurs personnalités prennent leurs distances avec toute démarche armée, les appels à une opposition pacifique et au respect de la Constitution se multiplient, mettant en lumière les divergences sur les moyens de poursuivre la lutte politique en République démocratique du Congo.

Parmi les voix qui clarifient leur position figure Marie-Ange Mushobekwa, cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), qui revendique un choix républicain. Dans une déclaration sans ambiguïté sur ses convictions, elle affirme avoir servi le pays sous le leadership de Joseph Kabila avec « respect, conviction et loyauté », tout en reconnaissant les enseignements positifs tirés de ses dix années passées à ses côtés.

Toutefois, elle marque une rupture avec l’option armée qu’elle attribue désormais à l’ancien chef de l’État. « Je décide de prendre des distances avec cette voie à laquelle je ne suis liée de près ni de loin », déclare-t-elle, tout en précisant qu’elle entend poursuivre son combat pour la démocratie au sein de l’opposition, à Kinshasa, « de manière républicaine et mains nues ». Pour Marie-Ange Mushobekwa, la paix en RDC doit passer par un « dialogue franc, inclusif et constructif », dans le respect de l’unité nationale et de la Constitution.

Cette prise de position rejoint celles d’autres personnalités qui reconsidèrent leur rapport à la famille politique de Joseph Kabila. Patrick Nkanga a annoncé sa mise en congé du PPRD et sa démission de ses fonctions de rapporteur du Bureau politique, évoquant des raisons de convenance personnelle et une réflexion sur son avenir politique. India Omari, pour sa part, a réaffirmé son attachement à une démarche pacifique et démocratique. De son côté, Me Arlette Odia, présidente de la CDUC/ASBL, a annoncé la reprise des activités de son organisation en tant que structure pacifique, pacifiste et autonome.

Ces prises de distance soulèvent également des interrogations sur les positions des autres figures du kabilisme, notamment Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary. En l’absence de déclarations publiques vérifiées de leur part sur cette question précise, leur position ne peut être assimilée ni à une adhésion ni à une opposition à l’option armée.

En réaction, le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, ajoute une dimension particulière à ce débat. « Mon cœur saigne ! Le Congo a perdu ses fils et filles juste à cause de vous. Je suis désolé ! », s’indigne-t-il, selon les propos qui lui sont attribués. Alors qu’il avait plaidé quelques semaines auparavant pour la participation de Joseph Kabila au dialogue politique proposé par le président Félix Tshisekedi, cette déclaration traduit une vive préoccupation face au risque d’une nouvelle escalade de la violence.

Entre fidélité passée, divergences politiques et exigence de paix, les positions exprimées révèlent les tensions qui traversent l’entourage de Joseph Kabila. Au-delà des appartenances partisanes, la question demeure celle des voies de sortie de crise : le dialogue politique, le respect de la Constitution et les moyens pacifiques peuvent-ils encore constituer un terrain commun pour préserver l’unité et la stabilité de la RDC ?


Léon Rutherford Kanku

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